Ma mère vient de mourir, et ce n'est pas de ma faute

Le soulagement

Je reçois un SMS le jour même à 20h : "maman est morte ce matin". Le sang quitte mon corps : je devient blanche sous le poids de la nouvelle. Je ne sais pas comment réagir.

je ne l'ai pas vu depuis quand? 1 an 1/2, déjà!

Suis-je triste? Aurais-je du retourner la voir? Dois-je y aller? Comment me positionner vis à vis de ma famille et du silence dont je me suis entourée? La honte me submerge : j'ai l'impression d'avoir fait l'enfant et que désormais je ne peut plus me cacher.

J'ai du mal à ressentir de la tristesse. Pas de gros soulagement non plus, pourtant, j'ai petit à petit le sentiment qu'on enleve la zone d'ombre qui obscurcissait ma vie depuis si longtemps.

D'un noir étouffant auquel je m'étais habitué fait place à un blanc éblouissant, un vide déstabilisant.

Aucunes douleurs

Je n'ai aucun bon souvenir avec ma mère. Coupable j'en cherche, mais j'ai du mal à en trouver.

Je me sens honteuse et n'accepte pas cette situation : depuis le déput, toujours pareil : je n'ai pas accepté qu'elle m'ai manipulé toute ma vie. Je voudrais trouver qqchose pour adoucir la réalité, la rendre plus humaine.

J'ai beau chercher je n'en trouve pas. Je n'arrive pas à dépasser ma rancoeur, mais mes efforts ne servent à rien. Aucuns souvenirs ne viennent ramollir mon coeur.

Suis-je un monstre? Peut-être étais-je trop jeune pour m'en souvenir? Pourquoi je n'arrive à me souvenir que du mauvais? Suis-je comme elle? aveuglée par amertume dévorante qui me fait oublier le mieux, le bien?

Je me sens coupable de penser celà, mais je n'y peux rien : j'avais entamé mon deuil des mois auparavant. J'ai eu pendant tout ce temps le recul, et compris sa vrai nature : ces multiples visages qu'elle utilisait pour avoir ce qu'elle voulait.

Ne pas oublier le monstre

L'idée, le fait qu'elle reste a mes yeux une personne misogyne, manipulatrice, amère, froide et distante.

Cette personne qui m'a fait souffrir toute ma vie quoique je fasse! Cette personne qui m'a écrit il y a 1 an : "je t'ai donné tout l'amour que tu as réclamé"… Comment peut-on pardonner?

Elle ne pouvait pas changer de son vivant et sa mort ne lui laisse plus le choix. Elle a été cette femme. Impossible de le nier.

Mais elle n'est plus là désormais. Je n'ai plus à ruminer au fond de moi cette personnalité, cette relation qui me révoltait, que je n'acceptais pas!

Il faut que j'apprenne à la laisser partir : elle fait partie du passé. Mais c'est tellement difficile car elle s'est imprimé en moi et me ronge tel un parasite. L'effet de la manupulation sur sa victime : l'emprise. Et elle était tellement forte! Je connais ses phrases, l'expression de son exaspération ou mépris, ainsi que ses jugements implacables et incessants. Mais je ne peux pas la laisser me gacher la vie maintenant qu'elle n'est plus.

Je dois accepter. Accepter ce qu'elle était. Accepter qu'elle ne pouvait pas changer. Accepter que je n'y étais pour rien. Accepter qu'elle était comme ça bien avant ma naissance!

JE NE SUIS PAS COUPABLE.
Je devrais me répéter cette phrase tel un mantra. Je dois le faire. Je refuse de continuer à me faire bouffer de l'intérieur!

Laisser partir la colère, car je suis enfin libre!

Et ainsi, peut-être arriverais-je à respecter la peine de ceux qui la regrettront vraiment.